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La Marine opère aux côtés de l’OTAN en mer Baltique
Le 14 janvier 2025, de nombreux navires de l’OTAN ont soudainement changé de cap pour se diriger, le plus rapidement possible, vers la mer Baltique. Après des dommages infligés à d’importantes infrastructures sous-marines, l’OTAN a lancé l’opération Baltic Sentry. Des navires de l’OTAN venus de toute l’Europe patrouillent désormais sans relâche. La Belgique joue un rôle clé dans cette opération.
Le Capitaine de frégate Erik Kockx commande le SNMCMG1, l’une des flottes qui participent à Baltic Sentry et qui effectuent donc des patrouilles 24 heures sur 24. Sous son aile, un jeune sous-officier belge de 29 ans qui fait partie de l’état-major en tant que Battle Watch Assistant. Depuis quelques semaines, Jan est étroitement associé aux décisions opérationnelles visant à garantir la sécurité de l’Europe. Le moment est venu de discuter avec lui.
Battle Watch Assistant ?
« Je suis chargé de suivre tout ce qui se passe dans notre flotte. Y a-t-il des problèmes techniques avec nos navires, le temps se dégrade-t-il, quels navires passent dans notre zone de patrouille, comment se comportent-ils, etc. », explique Jan.
« Parfois, je dois réagir rapidement à des incidents inattendus et communiquer directement avec les échelons supérieurs. Hier, par exemple, l’un de nos navires a remarqué un navire inconnu exécutant une manœuvre inhabituelle en pleine mer. J’ai donné l’ordre de virer au sud ». Jan doit non seulement posséder une solide expertise maritime, mais aussi garder son sang-froid dans des situations stressantes.
Deux jours en un
Les journées de Jan sont intenses et irrégulières. Il prend son service à 3h30, passe le quart à 9h00, puis profite de quelques heures de pause avant d’assister à un nouveau briefing à 18h00. Vers 21 heures, il se couche. Nous l’interrogeons juste après qu’il a dégusté un plat de riz indonésien au petit-déjeuner.
« Chaque semaine, l’emploi du temps change en fonction des nouvelles missions qui nous sont confiées. Nous nous adaptons », explique Jan. Malgré le manque de sommeil, il reste motivé : « C’est éprouvant, mais on se soutient les uns les autres. En fait, c’est comme si nous vivions deux journées en une : on dort quand on peut, et quand il le faut, on se donne à fond pendant son quart. »
Agir avec passion
« Nous sommes bien là », nous dit fièrement Jan. « La Belgique est peut-être un petit pays, mais la contribution de la Marine belge est essentielle. Nous sommes présents pour défendre les valeurs occidentales, ce qui me procure une grande satisfaction. C’est gratifiant de savoir que je contribue à la sécurité de l’Europe, même si tout le monde n’est pas conscient de l’impact de ce travail. Nous assurons la stabilité de la région ! »
Jan s’acquitte de sa tâche avec conviction. « C’est un métier que l’on doit exercer de tout son cœur. C’est un mode de vie qui a un impact important sur la vie sociale. Faites-le avec passion, ou ne le faites pas. »
D’éboueur à expert dans la Marine
Le parcours de Jan vers la Marine belge n’a pas été évident. Après des études qui ne lui plaisaient pas, il décide à 22 ans de prendre une autre direction. « J’ai travaillé comme éboueur pendant quatre ans, mais je voulais faire quelque chose dans lequel je pourrais réellement exceller. Je voulais faire partie d’un corps d’élite reconnu pour son expertise. C’est ainsi que j’ai rejoint la Marine en 2021. Et maintenant, je travaille pour l’OTAN, dans le cadre d’une mission qui concerne l’avenir de l’Europe. »
La Marine en tant que membre de l’OTAN en mer Baltique
Le déploiement de la Marine au sein de l’opération Baltic Sentry est une occasion de démontrer le rôle actif de la Belgique dans la défense de l’Europe et de souligner l’importance de l’OTAN dans la région. Jan est un exemple de la jeune génération qui œuvre avec fierté et engagement pour protéger la stabilité de l’Europe. Malgré les défis physiques et mentaux, il reste inébranlable, convaincu que son action est cruciale pour l’avenir du continent.
La flotte multinationale, sous commandement belge, compte actuellement quatre navires : le navire de commandement néerlandais Zr. Ms Luymes et les trois chasseurs de mines Zr. Ms Schiedam (Pays-Bas), FS Croix du Sud (France) et FGS Datteln (Allemagne). D’autres navires sont appelés à rejoindre la flotte, notamment le chasseur de mines belge Lobelia.
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